Quand le reste à charge subsiste — surtout en Classe II — ou que la perte auditive a un impact sur l'emploi, des aides au handicap peuvent compléter le remboursement classique. Trois dispositifs reviennent : la PCH (via la MDPH), l'aide de l'AGEFIPH, et le rôle d'orientation de la MDPH. Cet article cible le financement de l'appareil lui-même ; si vous cherchez les aides destinées à l'aidant d'un proche, voyez Aides et financements pour l'aidant.

D'abord, ne pas oublier le socle

Avant d'explorer les aides handicap, rappelez-vous que la base couvre déjà beaucoup :

  • la Classe I (100 % Santé) ramène le reste à charge à 0 € avec une mutuelle responsable ;
  • la Complémentaire santé solidaire supprime l'avance et le reste à charge pour les revenus modestes.

Les dispositifs ci-dessous interviennent en complément, notamment pour un reste à charge en Classe II ou un besoin lié à l'emploi.

La PCH, via la MDPH

La Prestation de compensation du handicap (PCH) est versée, en général, par le conseil départemental, après dépôt d'un dossier à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Elle peut couvrir des aides techniques, dont l'appareillage, ainsi que d'autres besoins liés au handicap.

Points clés :

  • Sans condition de ressources pour y avoir droit, mais vos ressources déterminent le taux de prise en charge : 100 % si vos ressources annuelles sont inférieures ou égales à 31 162,62 €, 80 % au-delà.
  • Une condition d'âge existe : il faut en principe avoir moins de 60 ans pour demander la PCH (avec des exceptions, notamment si le handicap répondait aux critères avant 60 ans, ou en cas d'activité professionnelle).
  • La demande se fait via le formulaire MDPH (le même que pour l'AAH, l'AEEH, la CMI…).

C'est donc une piste pertinente pour les personnes en âge de travailler, dont le reste à charge auditif n'est pas couvert autrement.

L'AGEFIPH, pour l'emploi

L'AGEFIPH finance des aides destinées aux personnes en situation de handicap engagées dans un parcours professionnel ou vers l'emploi (salariés, demandeurs d'emploi). Elle propose une aide spécifique à l'acquisition de prothèses auditives :

  • jusqu'à 850 € pour un appareil ;
  • jusqu'à 1 700 € pour deux appareils.

Cette aide vise à compenser le handicap dans le cadre professionnel et peut se cumuler avec d'autres financements (dont la PCH). La demande se dépose directement auprès de l'AGEFIPH. Si la perte auditive est liée à votre poste, voyez aussi Bruit au travail et audition.

Le rôle d'orientation de la MDPH

Au-delà de la PCH, la MDPH est le guichet central du handicap. Elle peut notamment reconnaître la qualité de travailleur handicapé (RQTH), qui ouvre l'accès à certains droits (et conditionne parfois des aides AGEFIPH). C'est l'interlocuteur à solliciter pour faire le tour de vos droits.

En résumé

Pour financer un appareillage au-delà du remboursement classique, trois leviers : la PCH (via la MDPH, prise en charge à 100 % ou 80 % selon les ressources, en principe avant 60 ans), l'aide AGEFIPH (jusqu'à 1 700 € pour deux appareils, pour le maintien ou l'accès à l'emploi), et la MDPH comme guichet d'orientation (RQTH, droits associés). Avant toute démarche, vérifiez que la Classe I à 0 € ou la C2S ne couvre pas déjà votre besoin. La rubrique remboursement fait le tour des montants, et un bilan gratuit aide à évaluer votre reste à charge réel.

Les conditions et montants de ces aides évoluent : vérifiez toujours les règles à jour auprès de la MDPH, de l'AGEFIPH et des sources officielles avant de déposer un dossier.


Questions fréquentes

La PCH peut-elle financer mes appareils auditifs ? Oui, l'appareillage peut relever des aides techniques de la PCH. La prise en charge est de 100 % sous un plafond de ressources (31 162,62 €/an) ou 80 % au-delà. La demande passe par la MDPH, et une condition d'âge (moins de 60 ans en principe) s'applique.

Combien donne l'AGEFIPH pour des prothèses auditives ? Jusqu'à 850 € pour un appareil et 1 700 € pour deux, pour une personne en situation de handicap engagée dans un parcours professionnel ou vers l'emploi.

Peut-on cumuler ces aides avec le remboursement Sécu et mutuelle ? Oui, ces dispositifs interviennent en complément du remboursement classique, pour réduire ou annuler le reste à charge. Mais commencez par vérifier l'option Classe I à 0 € et la C2S.

Par où commencer ? Faites d'abord établir un devis et estimez votre reste à charge réel. Si un reste subsiste et que votre situation le permet, contactez la MDPH (pour la PCH, la RQTH) et/ou l'AGEFIPH (si l'enjeu est professionnel). Un audioprothésiste peut vous orienter lors d'un bilan.