Ce mal d'oreille qui survient quand l'avion descend, ou en s'enfonçant sous l'eau en plongée : c'est le barotraumatisme. La douleur peut être vive, l'oreille reste bouchée, l'audition se voile. Le plus souvent, c'est bénin et passager — à condition de savoir l'éviter et de reconnaître les rares cas qui justifient une consultation. Voici l'essentiel.

Qu'est-ce qu'un barotraumatisme de l'oreille ?

Le Manuel MSD le définit comme une blessure causée par des changements rapides de la pression environnante. Pour bien comprendre : l'oreille moyenne est une petite cavité fermée, reliée à l'arrière du nez par la trompe d'Eustache. Cette trompe a un rôle essentiel : équilibrer la pression de part et d'autre du tympan.

Quand la pression extérieure change vite — descente d'un avion, descente en plongée, route de montagne — la trompe d'Eustache doit s'ouvrir pour rétablir l'équilibre. Si elle n'y parvient pas assez vite (par exemple parce qu'on est enrhumé), une différence de pression se crée : le tympan est aspiré ou comprimé, ce qui provoque douleur et gêne.

Quels sont les symptômes ?

Les signes apparaissent typiquement pendant ou juste après la variation de pression :

  • une douleur de l'oreille, parfois vive ;
  • une sensation d'oreille bouchée ou de plénitude ;
  • une baisse d'audition (de transmission), les sons paraissent assourdis ;
  • des bourdonnements ou acouphènes ;
  • parfois une sensation de vertige passager.

Dans la majorité des cas, tout rentre dans l'ordre en quelques heures à quelques jours. Mais le Manuel MSD rappelle que les formes sévères peuvent aller jusqu'à une hémorragie dans l'oreille moyenne, une perforation du tympan, voire une atteinte de l'oreille interne (fistule). C'est pourquoi une douleur intense ou des symptômes qui persistent ne doivent pas être négligés.

Comment le prévenir ? Les bons réflexes

C'est là que se joue l'essentiel, car le barotraumatisme est largement évitable. Pendant la descente (en avion) ou la descente (en plongée) :

  • déglutir régulièrement, bâiller, ou mâcher un chewing-gum : ces gestes ouvrent la trompe d'Eustache (Vidal recommande explicitement bâiller, déglutir et le chewing-gum en avion) ;
  • pratiquer la manœuvre de Valsalva : souffler doucement, nez pincé et bouche fermée, pour rééquilibrer la pression (sans forcer brutalement) ;
  • en plongée, équilibrer souvent et tôt, dès le début de la descente, et remonter si l'on n'arrive pas à équilibrer ;
  • ne pas voler ni plonger enrhumé ou en pleine poussée d'allergie : c'est le facteur de risque n°1, car la trompe d'Eustache est déjà encombrée ;
  • un décongestionnant nasal, pris 30 à 60 minutes avant la descente, peut aider les personnes sujettes au problème (à valider avec un pharmacien ou un médecin).

Ces gestes valent aussi pour la sensation classique d'oreille bouchée en avion.

Quand consulter ?

Le plus souvent, on n'a rien à faire de plus que d'attendre. Consultez un médecin, en particulier un ORL, si :

  • la douleur est intense ou ne passe pas après le voyage ;
  • l'oreille reste bouchée ou l'audition baissée plusieurs jours ;
  • vous remarquez un écoulement, du sang, ou une perte d'audition franche ;
  • des vertiges persistent.

Et un point important : si une baisse d'audition brutale et nette survient sans rapport clair avec la pression, ne l'attribuez pas trop vite au voyage. Une perte auditive brusque est une urgence qui se traite dans les premières heures.

En résumé

Le barotraumatisme, c'est une différence de pression que la trompe d'Eustache n'a pas pu équilibrer assez vite, lors d'une descente en avion ou en plongée. Il donne douleur, oreille bouchée et audition voilée, le plus souvent passagers. On l'évite très bien en déglutissant, bâillant, ou par la manœuvre de Valsalva, et surtout en ne voyageant pas enrhumé. Une douleur intense, un saignement ou une gêne qui dure justifient une consultation. Cet article n'est pas un avis médical individuel. Pour aller plus loin, voyez nos pathologies de l'audition.


Questions fréquentes

Comment déboucher mes oreilles dans l'avion ? Déglutissez, bâillez ou mâchez un chewing-gum dès le début de la descente, et faites au besoin la manœuvre de Valsalva (souffler nez pincé, bouche fermée, sans forcer). Pour les bébés, faire téter ou boire pendant la descente. Si la gêne persiste plusieurs jours après le vol, faites le point — un bilan auditif gratuit lève le doute.

Peut-on prendre l'avion avec un rhume ? C'est déconseillé : un nez encombré bloque la trompe d'Eustache et augmente nettement le risque de barotraumatisme douloureux. Si le voyage est inévitable, un décongestionnant nasal pris avant la descente (sur conseil d'un pharmacien) et les manœuvres d'équilibrage limitent le risque.

Le barotraumatisme peut-il abîmer définitivement l'oreille ? La grande majorité des cas guérissent sans séquelle. Les formes sévères (perforation du tympan, atteinte de l'oreille interne) sont rares mais possibles, surtout en plongée. C'est pourquoi une douleur intense ou une perte d'audition qui dure doivent être vues par un ORL.

La plongée est-elle interdite si j'ai les oreilles fragiles ? Pas nécessairement, mais elle demande une bonne maîtrise de l'équilibrage et un avis médical en cas d'antécédents ORL. Si vous n'arrivez pas à équilibrer, la règle d'or est de ne jamais forcer la descente. Un avis ORL avant de débuter la plongée est une sage précaution.